Michael Jackson est mort jeudi à l'âge
de 50 ans dans un hôpital de Los Angeles où il avait été transporté en
urgence pour un arrêt cardiaque, nouvelle qui a provoqué une onde de
choc à l'échelle de la célébrité planétaire du "roi de la pop"."M.
Jackson a été transporté à l'hôpital (...) il était inconscient
lorsqu'il a été admis et son décès a été constaté à 14H26 (21H26 GMT)
cet après-midi", a déclaré à CNN un porte-parole de l'institut
médico-légal du comté de Los Angeles, le lieutenant Fred Corral.Selon
le Los Angeles Times et le site internet spécialisé dans les célébrités
TMZ.com, qui a le premier donné la nouvelle, Jackson a été victime d'un
arrêt cardiaque à son domicile de Holmby Hills, un quartier opulent du
nord-ouest de Los Angeles où il louait un manoir depuis janvier. Il a
été transporté en ambulance à l'hôpital Ronald-Reagan de l'UCLA
(Université de Californie à Los Angeles), à quelques kilomètres de là.Le
lieutenant Corral s'est refusé à toute précision sur les causes du
décès, expliquant qu'une autopsie serait pratiquée, sans doute dès
vendredi, pour les déterminer.Peu avant 19H00, le corps
enveloppé dans un linceul blanc a été transporté à la morgue de Los
Angeles, transfert filmé en direct par les télévisions locales depuis
des hélicoptères.Un des frères aînés de Michael Jackson,
Jermaine, est apparu brièvement devant la presse à l'hôpital. Lisant un
communiqué préparé, il a affirmé que les médecins avaient tenté de
ranimer son frère pendant une heure, sans succès. Le visage ravagé par
le chagrin, il a lui aussi évoqué un "arrêt cardiaque".De son
producteur historique Quincy Jones, "totalement bouleversé", à Madonna,
qui "ne peu(t) plus (s)'arrêter de pleurer", le monde du spectacle a
rendu un hommage unanime à "l'une des figures les plus influentes et
les plus emblématiques de l'industrie de la musique", selon les mots du
gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger.A l'extérieur de
l'hôpital, des centaines de journalistes et d'admirateurs se sont
rassemblés tout l'après-midi. Même scène à l'autre bout du pays, devant
la légendaire salle de concerts Apollo de Harlem à New York, où
certains badauds dansaient au rythme des succès de Jackson. Le
décès du "roi de la pop" intervient alors que le chanteur espérait
effectuer son grand retour sur scène cet été à Londres avec une série
de concerts. Depuis son acquittement en Californie en 2005 au terme
d'un retentissant procès pour attouchements sexuels sur un adolescent,
Jackson avait vécu quasiment retiré du monde, notamment à Bahreïn et
Las Vegas.Fin mai, les organisateurs avaient annoncé que le
lancement de la série de concerts avait été repoussé de quelques jours
en juillet, assurant toutefois que cela n'avait "rien à voir" avec la
santé de la star, qui a fait dans le passé l'objet de spéculations.Doté
d'une voix haut perchée reconnaissable entre toutes, danseur hors du
commun, l'artiste était déjà connu alors qu'il n'avait pas dix ans,
grâce au groupe familial "Jackson Five", avant de passer
progressivement au statut de star planétaire avec des albums comme "Off
The Wall" et surtout "Thriller" en 1982.Mais dès les années
1980, l'énigmatique Jackson avait montré des signes physiques et
comportementaux étranges et, au-delà du phénomène musical, était devenu
un phénomène tout court.En 1993, son image de doux excentrique
réfugié dans un ranch californien baptisé "Neverland" en hommage à
Peter Pan, avait volé en éclats avec une première plainte, celle d'un
adolescent de 13 ans l'accusant d'attouchements. L'affaire s'était
réglée à l'amiable contre 23,3 millions de dollars.Mais depuis,
entre train de vie somptuaire et inactivité artistique, la fortune de
Jackson avait fondu, contraignant en 2006 le chanteur à restructurer
une dette de quelque 170 millions de dollars, selon la presse
américaine.